Cet article fait partie de la série « Thérapie, résilience et liens », publiée sur le blog de Solstice Psychologues. Une version courte en anglais est disponible sur Psychology Today.
Nadia a 38 ans. Cadre dans une entreprise de conseil, mère de deux enfants de 4 et 7 ans. Depuis la naissance de son second enfant, elle a l’impression de fonctionner en pilote automatique : efficace au travail, présente à la maison, souriante en société. Quand ses collègues lui disent « tu es vraiment solide », elle ressent un mélange de fierté et de vide. Quand elle s’autorise à pleurer — rarement — elle s’en veut immédiatement : « C’est ridicule, j’ai tout pour être heureuse. »
Nadia est convaincue d’être résiliente. En réalité, elle confond résilience et rigidité émotionnelle. Et cette confusion, extrêmement répandue, empêche beaucoup de personnes de chercher — ou de tirer pleinement parti — d’un accompagnement thérapeutique adapté.
L’idée reçue : « Être résilient, c’est être fort »
Dans le langage courant, la résilience est souvent assimilée à la capacité de « tenir bon », de « ne pas se laisser abattre », de « surmonter les épreuves sans flancher ». L’image dominante est celle d’un roc : inébranlable, impénétrable, dur.
Cette image est séduisante, mais elle est inexacte du point de vue de la recherche.
En psychologie, la résilience ne désigne pas la capacité à ne pas ressentir de détresse face à l’adversité. Elle désigne la capacité à s’adapter de manière flexible aux circonstances changeantes — y compris aux circonstances douloureuses. La distinction est cruciale : la résilience n’est pas l’absence d’émotion, mais la souplesse avec laquelle nous pouvons naviguer entre différents états émotionnels en fonction du contexte.
George Bonanno, l’un des chercheurs les plus influents dans ce domaine, a montré à travers des études longitudinales que les personnes résilientes ne sont pas celles qui ne souffrent pas. Ce sont celles qui retrouvent un fonctionnement adaptatif après un événement difficile — et cette récupération implique souvent d’accueillir la souffrance plutôt que de la nier.
Autrement dit : si vous pouvez pleurer quand la situation génère de la tristesse, rire quand une autre le permet, exprimer de la colère quand vos limites sont franchies, et retrouver un équilibre après — vous êtes probablement plus résilient·e que quelqu’un qui reste impassible en toutes circonstances.
Les larmes comme signal social. Cette lecture s’articule bien avec les recherches d’Ad Vingerhoets et leur collegues sur le pleur émotionnel. Une étude pré-enregistrée portant sur 7 007 participants dans 41 pays a montré que voir une personne pleurer augmente significativement l’intention d’offrir du soutien social. Les larmes ne sont donc pas un signe de faiblesse — elles sont, au sens propre, un signal d’attachement conçu pour solliciter le soutien d’autrui. Ce signal est d’autant plus bénéfique qu’il est reçu dans un contexte relationnel de confiance : les recherches montrent que c’est précisément la présence d’un soutien social au moment des larmes qui détermine si pleurer soulage ou non. Autrement dit, la capacité à pleurer est moins un trait individuel qu’une ressource relationnelle.
La flexibilité psychologique : le cœur de la résilience
Cette conception de la résilience comme flexibilité plutôt que comme dureté a été considérablement renforcée par la recherche sur la flexibilité psychologique. Ce concept, central dans la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), désigne la capacité à rester en contact avec le moment présent, à accueillir ses expériences internes (pensées, émotions, sensations) sans les éviter ni s’y accrocher, et à agir en cohérence avec ses valeurs.
Les données sur ce sujet sont remarquablement convergentes. Une méta-analyse de grande envergure (151 études) a montré que les personnes qui réagissent de manière rigide à leurs expériences internes — en évitant systématiquement les émotions difficiles ou en ayant du mal à se décentrer de leurs pensées négatives — présentent des niveaux de détresse significativement plus élevés et un bien-être réduit. L’effet est modéré et apparaît de manière consistante à travers les populations. Une nuance importante : ces données sont majoritairement transversales, ce qui limite les inférences causales. Elles montrent une association robuste, pas une démonstration que la rigidité produit ces résultats.
Une autre méta-analyse portant sur 174 études et plus de 43 000 participants a montré que la flexibilité psychologique est associée non seulement à un meilleur fonctionnement individuel, mais aussi à un meilleur fonctionnement relationnel — dans les familles comme dans les relations de couple. Les parents présentant une plus grande flexibilité utilisent des stratégies parentales plus adaptées, vivent moins de stress parental, et leurs enfants présentent moins de symptômes internalisés et externalisés. Ces données sont largement corrélationnelles et auto-rapportées, ce qui limite les conclusions causales. Elles montrent une association robuste, pas une démonstration que la flexibilité produit ces résultats.
Le message est clair : ce qui protège la santé mentale, ce n’est pas la capacité à ne rien ressentir. C’est la capacité à ressentir pleinement tout en gardant la possibilité de choisir comment répondre.
Quand la « force » devient un piège
Si la résilience est flexibilité, alors son opposé n’est pas la faiblesse — c’est la rigidité. Et paradoxalement, ce que beaucoup de personnes considèrent comme de la « force » constitue en réalité une forme de rigidité émotionnelle qui peut maintenir, voire aggraver, la détresse psychologique.
La suppression émotionnelle — le fait de réprimer volontairement l’expression ou le ressenti d’émotions — est l’une des stratégies les plus étudiées en psychologie des émotions. Et les résultats sont consistants : la suppression régulière des émotions est associée à davantage de symptômes dépressifs et anxieux, une moins bonne qualité des relations interpersonnelles, et un fonctionnement psychologique global réduit.
Cela ne signifie pas que toute régulation émotionnelle est problématique. La réévaluation cognitive — le fait de reconsidérer la signification d’une situation — est associée à de meilleurs résultats. Et parfois, dans certains contextes, il est adaptatif de contenir temporairement une émotion (par exemple, lors d’une réunion professionnelle). Le problème n’est pas la stratégie en soi — c’est sa rigidité. Utiliser systématiquement la même stratégie, quel que soit le contexte, est ce qui crée la vulnérabilité.
Revenons à Nadia. Sa capacité à rester fonctionnelle sous pression est réelle et admirable. Mais si cette fonctionnalité repose sur un évitement systématique de la détresse émotionnelle — si elle cherche à fuir à tout prix sa tristesse ou à lutter contre l’apparition de ses émotions — alors cette « force » devient un facteur de risque. Non parce qu’elle est faible, mais parce que son répertoire de réponses émotionnelles s’est appauvri.
Ce que les approches centrées sur les émotions proposent
Comme nous l’avons détaillé dans les articles précédents de cette série, le cadre thérapeutique — et notamment la qualité de l’alliance thérapeutique — joue un rôle déterminant dans les résultats, quelle que soit l’approche utilisée. Ce principe s’applique tout particulièrement aux approches centrées sur les émotions, qui placent le travail sur les émotions au centre du processus de changement. Leur prémisse commune : les émotions ne sont pas des obstacles à surmonter, mais des informations à accueillir, comprendre et réorganiser.
La thérapie centrée sur les émotions (EFT)
La thérapie centrée sur les émotions, développée par Leslie Greenberg et Susan Johnson, repose sur l’idée que les émotions sont des systèmes adaptatifs qui fournissent des informations importantes sur nos besoins fondamentaux. Quand ces systèmes sont bloqués — par l’évitement, la tentative de suppression, ou des expériences relationnelles précoces qui ont appris à la personne que certaines émotions sont dangereuses — la détresse se maintient.
Il est important de distinguer deux traditions de recherche. L’EFT pour les couples, développée par Susan Johnson et directement ancrée dans la théorie de l’attachement de Bowlby, dispose d’une base de preuves scientifiques particulièrement solide : une méta-analyse récente montre des effets de taille modérée à grande, avec une majorité substantielle de couples ne présentant plus de détresse relationnelle significative à la fin du traitement. L’EFT individuelle, développée par Leslie Greenberg, a également accumulé des preuves scientifiques, mais la base de recherche est plus limitée. Des études montrent des effets prometteurs sur la dépression et le trauma, mais les preuves pour l’EFT individuelle ne sont pas encore au même niveau que celles pour l’EFT de couple ou pour la TCC.
Ce que la recherche soutient clairement, en revanche, c’est le mécanisme central que vise l’EFT : l’activation et la transformation des réponses émotionnelles dans le contexte d’une relation sécurisante. La recherche sur les processus de changement en psychothérapie suggère que ce type d’engagement émotionnel en séance — non pas simplement parler de ses émotions, mais les vivre et les explorer — contribue aux résultats.
La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)
L’ACT aborde la flexibilité sous un autre angle. Plutôt que de chercher à transformer les émotions directement, elle vise à modifier la relation de la personne avec ses émotions — en développant la capacité à les accueillir sans les éviter ni se laisser submerger par elles, tout en orientant l’action vers ce qui a du sens.
La base de preuves scientifiques pour l’ACT est désormais considérable. Une synthèse des méta-analyses conclut que l’ACT est globalement comparable aux traitements fondés sur les preuves établis (comme la TCC) et supérieure aux conditions de contrôle inactives. Une méta-analyse récente sur les jeunes adultes de 15 à 25 ans (65 études, 5 283 participants) montre un effet modéré (g = 0,72) sur la psychopathologie, les processus de flexibilité, le bien-être et le coping — bien qu’il existe des risques de biais dans les résultats, notamment en raison d’une forte hétérogénéité.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que l’ACT cible directement la flexibilité psychologique comme base de la psychothérapie — ce même processus que la recherche identifie comme le cœur de la résilience. Les personnes qui développent leur flexibilité psychologique en thérapie n’apprennent pas à ne plus souffrir. Elles apprennent à ne pas perdre leur énergie à lutter contre l’émotion difficile, mais à accepter d’agir en direction de ce qui compte pour elles.
Les approches proposant un travail sur l’attachement
La théorie de l’attachement, formulée par John Bowlby et développée par Mary Ainsworth, offre un cadre complémentaire pour comprendre pourquoi certaines personnes ont du mal à accéder à leurs émotions ou à demander du soutien. Les personnes ayant développé un style d’attachement évitant ont appris, souvent très tôt, que l’expression de la vulnérabilité ne mène pas au réconfort mais au rejet ou à l’indifférence. Elles ont développé des stratégies de régulation émotionnelle autonomes — « je gère seul·e » — qui sont adaptatives dans un environnement où le soutien n’est pas fiable, mais qui deviennent très coûteuses quand elles se généralisent à l’ensemble des relations.
Une méta-analyse portant sur 36 études et 3 158 patients, montre que les patients présentant un attachement sécure avant le traitement obtiennent de meilleurs résultats en psychothérapie que les patients insécures. Mais — et c’est l’information la plus utile cliniquement — les analyses de modérateurs suggèrent que les patients présentant un attachement insécure bénéficient davantage des thérapies qui intègrent un travail explicite sur les interactions interpersonnelles et les relations proches.
Autrement dit : le travail sur l’attachement n’est pas un luxe thérapeutique. Pour certaines personnes, c’est le levier le plus pertinent. Si vos difficultés émotionnelles sont liées à la façon dont vous avez appris à gérer la proximité relationnelle — si vous avez du mal à demander de l’aide, si vous vous sentez mal à l’aise avec la vulnérabilité, si vous vous retirez quand les relations deviennent trop intenses — une approche qui prend en compte ces dynamiques sera probablement plus ajustée.
Ce que ces approches ont en commun — et pourquoi ça importe
Malgré leurs différences, l’EFT, l’ACT et les approches travaillant sur l’attachement partagent une représentation centrale : les émotions ne sont pas le problème. La rigidité dans la façon dont nous gérons nos émotions est le problème.
Chacune propose un chemin différent vers la flexibilité :
● L’EFT travaille à activer et transformer les réponses émotionnelles dans un cadre relationnel sécurisant.
● L’ACT développe la capacité à observer et accueillir les émotions sans y réagir automatiquement, tout en agissant en lien avec ses valeurs.
● Les approches travaillant sur l’attachement aident à comprendre et assouplir les schémas relationnels qui limitent l’accès aux émotions et au soutien.
Ce qui compte pour vous, en tant que personne en recherche d’aide, n’est pas nécessairement de choisir entre ces approches de manière abstraite. C’est de comprendre quel mécanisme est le plus central dans votre situation actuelle — et nous y reviendrons dans le prochain article de cette série.
Trois nuances importantes
La résilience n’est pas un trait fixe
La résilience n’est pas quelque chose que l’on « a » ou que l’on « n’a pas ». C’est un processus dynamique qui varie en fonction du contexte, des ressources disponibles, et de la période de vie (Kalisch et al., 2015). Vous pouvez être très résilient·e face au stress professionnel et beaucoup moins face à une rupture amoureuse. Vous pouvez traverser une période de grande vulnérabilité et retrouver votre flexibilité ensuite. La thérapie peut contribuer à élargir votre répertoire de réponses — pas à vous transformer en une personne qui ne souffre jamais.
Les émotions ne sont pas toujours « la réponse »
Il serait simpliste de conclure que « toute thérapie devrait être centrée sur les émotions ». Pour certains problèmes spécifiques — une phobie, un trouble obsessionnel-compulsif, certaines formes d’anxiété — les approches comportementales ciblées (exposition, activation comportementale) ont des preuves très solides et ciblent des mécanismes différents. La question n’est pas « les émotions sont-elles importantes ? » (elles le sont toujours) mais « quel mécanisme est le plus central pour cette personne, avec ce problème, à ce moment ? » Un·e thérapeute compétent·e posera cette question explicitement — et ajustera son approche en fonction de l’évaluation.
La recherche a des limites — et c’est une raison supplémentaire de s’y fier
Nous avons présenté les preuves les plus solides disponibles. Mais la recherche en psychothérapie a des limites méthodologiques qu’il est honnête de reconnaître : beaucoup d’études comparent les thérapies à des listes d’attente plutôt qu’à d’autres thérapies actives, les tailles d’échantillons sont parfois modestes, et les comparaisons directes entre approches sont moins nombreuses qu’il serait souhaitable. La science est un processus cumulatif, et notre compréhension continuera de s’affiner. Cela dit, s’appuyer sur les meilleures preuves disponibles reste infiniment préférable à ne pas s’appuyer sur des preuves du tout.
Ce que nous pouvons dire avec une confiance raisonnable : la flexibilité — émotionnelle, psychologique, relationnelle — est un facteur de protection important en santé mentale. Les approches qui ciblent cette flexibilité disposent de preuves convergentes. Et la capacité de votre thérapeute à évaluer précisément ce dont vous avez besoin et à adapter son approche en conséquence est un facteur déterminant de l’efficacité de la thérapie.
Ce que cela signifie concrètement pour vous
Si vous vous reconnaissez dans le profil de Nadia — fonctionnel·le, « solide », mais avec une tendance à éviter les émotions difficiles — voici ce que cette recherche implique :
La « force » que vous ressentez peut être un signal à écouter, pas un exploit à célébrer. Si vous ne pouvez jamais vous permettre de pleurer, de demander de l’aide, ou d’exprimer votre vulnérabilité, ce n’est pas de la résilience — c’est de la rigidité. Et la rigidité, à terme, épuise.
Chercher de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de flexibilité — la capacité à reconnaître que vos stratégies actuelles ne suffisent plus et qu’un ajustement est nécessaire. C’est exactement ce que fait une personne résiliente.
Demandez à votre thérapeute comment il ou elle travaille avec les émotions. Si la réponse est uniquement « nous allons analyser vos pensées » ou « nous allons comprendre votre passé », il manque peut-être une dimension. Un·e thérapeute compétent·e devrait pouvoir expliquer comment il ou elle travaille avec l’expérience émotionnelle en séance — pas seulement en en parlant, mais en l’explorant dans un cadre sécurisant. L’approche spécifique importe moins que cette capacité à travailler activement avec les émotions.
La résilience se construit, elle ne se décrète pas. Vous ne deviendrez pas plus résilient·e en vous forçant à être « fort·e ». Vous le deviendrez en élargissant votre répertoire de réponses face aux émotions — en apprenant que vous pouvez ressentir de la tristesse sans vous effondrer, de la colère sans être destructeur·rice, de la vulnérabilité sans être rejeté·e.
C’est précisément ce que peut offrir une thérapie bien ajustée.
Références
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Resilience Is Not Toughness — And That Changes Everything About Therapy
By Rebecca Shankland & Hans Rocha IJzerman
Nadia, 38, manages a team of fifteen, raises two kids, and hasn’t cried in six months. When colleagues call her “rock-solid,” she smiles. When she finally breaks down alone in her car, she thinks: What’s wrong with me?
Nothing is wrong with her. But she’s confusing resilience with rigidity — and this confusion keeps millions of people from seeking, or fully benefiting from, therapy.
Resilience Isn’t What You Think
In everyday language, resilience means “toughness” — the ability to absorb stress without flinching. Research tells a different story. George Bonanno’s longitudinal studies show that resilient people aren’t those who don’t suffer. They’re those who can flexibly navigate between emotional states as circumstances demand (Bonanno, 2004). They cry when it’s appropriate. They laugh when something is funny. They ask for help when they need it. And they recover.
The key word is flexibility. A large meta-analysis examining over 43,000 participants found that psychological flexibility — the ability to stay in contact with difficult emotions without avoiding them, while acting in line with what matters to you — predicts better well-being, better relationships, and lower distress (Daks & Rogge, 2020; Ong, Barthel & Hofmann, 2024). An important caveat: these data are largely correlational, cross-sectional, and self-reported, which limits causal conclusions — but the associations are robust and consistent.
If you can feel pain and still function, you’re resilient. If you can’t allow yourself to feel pain at all, you may be rigid — and rigidity, the research shows, is a risk factor.
When “Strength” Becomes a Trap
Emotional suppression — consistently pushing emotions away — is one of the most studied regulatory strategies. The findings are clear: habitual suppression is associated with greater depressive and anxious symptoms, poorer relationships, and reduced overall psychological functioning (Gross, 2015; Aldao, Nolen-Hoeksema & Schweizer, 2010).
The issue isn’t any single act of containing emotion — sometimes that’s entirely appropriate. The issue is rigidity: using the same strategy regardless of context. What protects mental health isn’t the absence of difficult emotions. It’s the breadth of your repertoire for responding to them (Bonanno & Burton, 2013).
What Emotion-Centered Approaches Actually Do
Several evidence-based therapies target emotional flexibility directly — though through different pathways.
Emotionally Focused Therapy (EFT) for couples has strong evidence, with moderate-to-large effect sizes and a substantial majority of couples no longer in significant distress post-treatment (Spengler et al., 2024; exact recovery rates depend on the clinical cutoffs used). EFT for individuals has promising but more limited evidence. Both approaches focus on accessing and reorganizing emotional responses within a secure relational context.
Acceptance and Commitment Therapy (ACT) takes a different route: rather than transforming emotions directly, it changes your relationship to emotions. Reviews of meta-analyses confirm that ACT is broadly comparable to established treatments like CBT and superior to inactive controls (Gloster et al., 2020). A recent meta-analysis of ACT in 15–25 year-olds (65 studies, 5,283 participants) found a moderate pooled effect (g = 0.72), though evidence quality was rated very low due to risk of bias and publication bias (Keulen et al., 2025). ACT’s core target — psychological flexibility — is precisely the process that research identifies as central to resilience.
Attachment-informed approaches offer a third pathway. A meta-analysis of 36 studies found that patients with insecure attachment benefited more from therapies incorporating explicit work on interpersonal patterns and close relationships (Levy et al., 2018). For people who learned early that vulnerability leads to rejection, this relational dimension can be the most important lever of change.
What These Approaches Share
Despite their differences, EFT, ACT, and attachment-informed therapies share a core insight: emotions aren’t the problem. Rigidity in how we handle emotions is the problem.
Each offers a different path to flexibility. What matters for you isn’t choosing between them in the abstract — it’s understanding which mechanism is most central in your situation right now. A competent, evidence-based therapist will help you identify this.
An Important Nuance
This doesn’t mean every therapy should be “emotion-focused.” For specific phobias, OCD, or certain anxiety presentations, targeted behavioral approaches (exposure, behavioral activation) have strong evidence and address different mechanisms. The question isn’t whether emotions matter — they always do. It’s which therapeutic lever matters most for you, with your specific difficulty, right now.
What This Means for You
If you recognize yourself in Nadia’s profile — functional, “strong,” but emotionally contained — consider this:
The “strength” you feel may be a signal to listen to, not an achievement to maintain. If you can never allow yourself to cry, ask for help, or express vulnerability, that’s rigidity. And rigidity eventually exhausts.
Seeking help isn’t weakness. It’s flexibility — recognizing that your current strategies need adjustment. That’s exactly what a resilient person does.
When evaluating a therapist, ask how they work with emotions in session — not just talking about them, but exploring and experiencing them in a safe frame. The specific approach matters less than this capacity to engage with emotional experience actively.
Resilience isn’t built by forcing yourself to be “tough.” It’s built by expanding your repertoire — learning that you can feel sadness without collapsing, anger without being destructive, vulnerability without being rejected.
That’s precisely what well-matched therapy can offer.
References
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Photo : Vasilis Caravitis / Unsplash


