Le mois de janvier est souvent décrit comme une période émotionnellement difficile. Au-delà du froid ou de la reprise du travail après les fêtes de fin d’année, certaines personnes ressentent une solitude plus intense, parfois accompagnée d’un malaise diffus : impression de ne pas appartenir, déception relationnelle ou constat douloureux d’isolement social.

La recherche en psychologie sociale offre un cadre particulièrement pertinent pour comprendre ce phénomène. De nombreux travaux montrent que la solitude n’est pas simplement liée au fait d’être seul, mais à la manière dont nous vivons nos relations.

La solitude : une expérience subjective, pas un simple isolement

On peut être entouré et se sentir profondément seul, ou être objectivement isolé sans nécessairement souffrir de solitude. Cette définition s’appuie notamment sur le modèle de l’écart relationnel proposé par Peplau et Perlman, qui décrit la solitude comme un décalage perçu entre les relations réelles et les relations désirées.

Cette distinction est centrale pour comprendre le blues de janvier. Les fêtes de fin d’année constituent une période où les attentes relationnelles augmentent, les comparaisons sociales se multiplient, et les écarts entre attentes et réalité deviennent plus visibles. Lorsque ces attentes ne sont pas comblées, le sentiment de solitude peut s’intensifier.

Après les fêtes : quand les attentes relationnelles se heurtent à la réalité

Beaucoup de personnes ressortent des fêtes avec une impression difficile à formuler :
« Je n’ai pas vraiment trouvé ma place. »

Ce sentiment peut concerner la famille, le couple ou des groupes sociaux plus larges. La solitude peut être comprise comme un système d’alerte sociale : un signal interne indiquant que notre besoin fondamental de connexion n’est pas pleinement satisfait. Cette conception rejoint les travaux de John Cacioppo, qui décrit la solitude comme un mécanisme évolutif signalant un besoin de reconnexion. Après les fêtes, ce signal devient souvent plus audible, car les occasions de « connexion attendue » ont été nombreuses — et parfois décevantes.

Les fêtes sont également chargées de scénarios implicites : rapprochement, moments chaleureux, sentiment d’unité ou de réparation relationnelle. Lorsque ces scénarios ne se réalisent pas — conflits familiaux, distance émotionnelle, absence de partenaire — le décalage peut générer tristesse, honte ou sentiment d’échec personnel.

Des stratégies pour traverser cette période

Les stratégies suivantes sont alignées avec les recommandations que nous avons déjà partagées dans notre article « Que faire si vous vous sentez seul(e) ».

D’abord, il est essentiel de rappeler que la solitude n’est pas un défaut personnel, mais un signal humain fondamental. Repenser ce sentiment comme une information — plutôt que comme un échec — peut aider à s’orienter vers des actions simples : chercher un contact social, appeler un proche, sortir prendre un café ou engager une conversation informelle.

Dans cette perspective, il est important de valoriser les petites discussions. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas uniquement les grandes conversations intimes qui réduisent la solitude, mais aussi la multiplication de micro-interactions régulières et sécurisantes. Un échange avec un commerçant, quelques mots à un arrêt de bus ou une discussion brève avec un voisin peuvent déjà nourrir le sentiment de connexion et limiter l’installation d’un cercle vicieux dans lequel plus on se sent seul, plus on anticipe le rejet.

Il est également essentiel de cultiver les relations existantes. Les liens sociaux se construisent progressivement : se sentir connecté demande souvent du temps et plusieurs interactions. Ajuster ses attentes relationnelles protège contre la déception et favorise une approche plus durable et réaliste de la connexion.

Quand la thérapie peut aider

La solitude peut parfois s’inscrire dans un cycle négatif : plus on se sent seul, plus on anticipe le rejet ou la déception, ce qui peut conduire au retrait. Un accompagnement thérapeutique peut alors offrir un espace sécurisé pour comprendre ce qui se rejoue, travailler les attentes relationnelles, réduire certains biais cognitifs et développer des stratégies concrètes pour recréer du lien.

L’expérience de la solitude varie toutefois fortement d’une personne à l’autre. Le parcours de vie, la culture, la personnalité, les relations et le moment de vie influencent profondément la manière dont elle est vécue.

À Solstice, notre pratique clinique repose sur cette compréhension fondamentale : les expériences humaines sont profondément individuelles et contextuelles. Nous accordons une place centrale à l’évaluation clinique afin de guider un accompagnement thérapeutique de qualité. Notre équipe clinique travaille en lien étroit avec l’équipe académique de l’ABSL, spécialisée dans la recherche sur la solitude et l’isolement social. Cette articulation entre science et pratique clinique permet à nos thérapeutes de s’appuyer sur une compréhension fine des dimensions individuelles, relationnelles et sociales de la solitude.

Conclusion

Le blues de janvier reflète souvent une réactivation du sentiment de solitude, nourrie par des attentes relationnelles élevées, des comparaisons sociales et parfois un isolement réel. Comprendre ces mécanismes, s’appuyer sur des stratégies fondées sur la recherche et ne pas rester seul avec ce vécu permet de traverser cette période avec plus de douceur et de clarté.

Si vous souhaitez mieux comprendre votre vécu relationnel — par exemple votre sentiment de solitude ou certaines dynamiques d’attachement — nous mettons à disposition des questionnaires cliniques conçus comme des outils de réflexion et de compréhension de soi.

Si ces résultats soulèvent des questions, des émotions inattendues ou le besoin d’en parler, notre équipe est là pour vous accompagner dans un cadre professionnel et bienveillant.

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Hans Rocha IJzerman

Hans Rocha IJzerman, Ph.D., est le fondateur et CEO du Annecy Behavioral Science Lab et Entrelacs en France, chercheur affilié à l’Université d’Oxford, et directeur, responsable de la recherche chez Solstice Psychologues,

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